Trois lettres, un trait continu, aucune fioriture : le monogramme YSL tient en quelques centimètres sur un sac ou un flacon. Il a pourtant une histoire précise, signée d’un graphiste célèbre, interrompue une fois par un changement de nom puis reprise. Voici ce qu’il faut retenir, dates à l’appui.
Qui a dessiné le logo YSL, et quand ?
En 1961, Yves Saint Laurent fonde sa maison avec Pierre Bergé. Les deux associés confient le logo à Adolphe Mouron, dit Cassandre, grand nom de l’affiche entre les deux guerres. Le musée Yves Saint Laurent Paris résume le résultat : un monogramme de trois initiales entrelacées, élégant et moderne, à l’image du couturier de l’époque.
La création date de 1961, mais les sources situent sa première apparition publique en 1963. Elle servira ensuite de signature à la maison pendant plus de quatre décennies, sans modification notable. C’est rare : beaucoup de marques retouchent leur emblème tous les dix ans.
Comment lire le monogramme de Cassandre
Le dessin repose sur un contraste. Cassandre mélange lettres à empattements et lettres sans empattement, romain et italique. Les trois initiales sont reliées d’un seul geste, de gauche à droite, et disposées en hauteur. Le résultat se lit comme un seul signe plutôt que comme trois lettres collées.
- Le mélange de styles donne du mouvement sans rien ajouter.
- Les liaisons entre lettres font de l’ensemble une ligature.
- La verticalité permet de le loger sur un bijou, une boucle ou un fermoir.
Le test de lisibilité est instructif. Réduisez le monogramme à la taille d’un ongle : les trois lettres restent identifiables, parce que les traits épais et fins sont bien contrastés. Un logo qui survit à la miniature convient à un bijou comme à une icône d’application, et c’est l’une des raisons de sa longévité. Un nom écrit en toutes lettres, long et horizontal, supporte beaucoup moins bien cet exercice.

2012 : le lettrage « Saint Laurent », sans « Yves »
En 2012, Hedi Slimane devient directeur de la création. Il remplace les graphismes de Cassandre par un lettrage en capitales proche de l’Helvetica, et raccourcit le nom en « Saint Laurent », puis « Saint Laurent Paris » sur les étiquettes. Il justifie ce retour à un style épuré par une référence à la collection Rive Gauche de 1966.
Le geste a fait débat. Il montre qu’une refonte ne change pas qu’un dessin : elle déplace aussi un nom, donc la façon dont les clients parlent de la marque. Sur ce point, notre article sur les raisons d’une refonte de logo donne des repères comparables.
| Date | Événement | Effet sur le logo |
|---|---|---|
| 1961 | Fondation de la maison | Cassandre dessine le monogramme |
| 1963 | Premières apparitions du logo | Le monogramme devient la signature |
| 2012 | Arrivée de Hedi Slimane | Lettrage « Saint Laurent » en capitales |
| 2016 | Arrivée d’Anthony Vaccarello | Le monogramme revient comme motif décoratif |
Après 2016 : le retour du monogramme
En 2016, Anthony Vaccarello prend la direction artistique. Le lettrage « Saint Laurent » reste pour le nom, mais le monogramme YSL de Cassandre reprend de la place. On le retrouve sur les boucles, les fermoirs, les boucles d’oreilles, les talons et les sacs, en métal doré ou imprimé tout au long d’un cuir.
Ce retour tient à une tendance : les marques de luxe exploitent leur monogramme comme un motif identifiable de loin. À titre de comparaison, la trilogie des logos Adidas montre une logique voisine, avec trois emblèmes qui coexistent.
Deux logos, deux usages
Aujourd’hui deux signes cohabitent. Le lettrage sobre signe le nom de la marque de mode. Le monogramme sert d’emblème sur les objets, et il se retrouve aussi dans la beauté, où la ligne parfums et maquillage garde le nom « Yves Saint Laurent » associé à ses lettres dorées.
Si vous voyez trois lettres entrelacées en hauteur, c’est le monogramme de 1961. Si vous voyez deux mots en capitales droites sans liaison, c’est le lettrage introduit en 2012.
Peut-on réutiliser le logo YSL ?
Non, pas librement. Un logo de marque est protégé : reproduire le monogramme sur un produit, un site ou une publicité sans accord expose à une action pour atteinte à la marque. Pour s’en inspirer, créez un monogramme original plutôt que de copier les formes de Cassandre.
Si votre projet touche à l’identité visuelle, une charte claire évite les erreurs courantes : la charte graphique et ses usages interdits montre comment cadrer l’emploi d’un logo.
Questions fréquentes
Qui a créé le logo Yves Saint Laurent ?
Adolphe Mouron, dit Cassandre, l’a dessiné en 1961 à la demande d’Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé. C’est un monogramme de trois initiales entrelacées.
Pourquoi le nom est-il devenu « Saint Laurent » ?
En 2012, Hedi Slimane a supprimé « Yves » du nom de la marque de mode et adopté un lettrage sobre. Il invoquait un retour à l’essentiel et la collection Rive Gauche de 1966.
Le monogramme YSL a-t-il disparu ?
Il a été mis de côté en 2012, puis il est revenu à partir de 2016 sous la direction d’Anthony Vaccarello, notamment sur les accessoires.
Quelle police utilise Saint Laurent ?
Le lettrage de 2012 est proche de l’Helvetica en capitales. Le monogramme de Cassandre, lui, est un dessin de lettres unique, pas une police du commerce.
Peut-on télécharger le logo en PNG ?
Des fichiers circulent, mais le logo reste une marque protégée. Son usage commercial sans autorisation est interdit ; une utilisation éditoriale ou pédagogique se fait avec prudence.
Pour comprendre un logo, procédez comme ici : une date de création, un auteur, un changement majeur et une raison. Appliquez cette grille aux marques qui vous intéressent, et regardez ensuite comment leur identité dialogue avec leur nom.
Musée Yves Saint Laurent Paris, Cassandre, créateur du logo de la maison, consulté en octobre 2026.


