Peu de logos de cinéma sont reconnus en une fraction de seconde, sans la moindre image autour. Celui de Star Wars en fait partie. Son histoire est pourtant moins simple qu’on ne le croit : deux dessins se sont disputé l’affiche, et le vainqueur a été retravaillé à trois mains.
Qui a dessiné le logo de Star Wars ?
La réponse courte : Suzy Rice, pour la base du dessin. Elle était alors une jeune directrice artistique de l’agence de publicité Seiniger Advertising, à Los Angeles. La Fox lui confie en 1976 une brochure destinée aux exploitants de salles, qui doivent réserver le film. Le logotype y figure pour la première fois.
Elle n’a pas été créditée au générique. Le logo est devenu l’un des dessins les plus reconnaissables du cinéma, sans que son nom y soit attaché. Un travers courant de l’histoire du design : le signe est connu de tous, la main qui l’a tracé l’est de presque personne.
Deux logos en concurrence en 1977
Pendant le tournage, la production avait aussi commandé un logo à Dan Perri, concepteur de génériques (L’Exorciste, Taxi Driver). Son dessin : des lettres capitales remplies d’étoiles, penchées vers un point de fuite, dans la même perspective que le texte qui défile au début du film. Il a servi dans la publicité avant la sortie et sur les façades de cinémas.
Mais le producteur Gary Kurtz a préféré la version de Suzy Rice pour le générique. C’est elle qui est restée.
| Critère | Dan Perri | Suzy Rice |
|---|---|---|
| Principe | Capitales remplies d’étoiles, en perspective | Capitales pleines, compactes, lettres liées |
| Base typographique | Dessin sur mesure | Helvetica Black contourée et modifiée |
| Usage en 1977 | Affiches et façades de salles | Générique du film, puis toute la saga |
| Ce qu’il dit | Un voyage vers l’espace | Une puissance, un bloc |
Pourquoi une commande « très fasciste » ?
Lors d’une visite chez ILM, à Van Nuys, George Lucas demande à Suzy Rice un logo qui intimide le spectateur. Le terme est celui de Lucas, rapporté dans les récits de production. Il s’agit d’un vocabulaire visuel, pas d’une idéologie : lettres lourdes, massives, serrées, comme une inscription officielle sur un bâtiment d’État.
Pour un film qui s’ouvre sur un empire, l’intention est cohérente. Le logo ne cherche pas la grâce. Il cherche la masse.
Comment le dessin a été construit
- Une Helvetica Black, police très répandue, est contourée et modifiée.
- Après les retours de Lucas, Suzy Rice relie le S et le T de STAR, ainsi que le R et le S de WARS.
- Gary Kurtz retient cette version, après avoir fait aplatir les pointes du W.
- Joe Johnston, artiste d’ILM, empile les deux mots pour obtenir la forme finale, en deux lignes de largeur égale.
Chaque étape a retiré un détail. Les ligatures créent des blocs, l’aplatissement du W évite des pointes agressives qui cassent l’alignement, l’empilement donne un carré compact. Le résultat tient dans un format carré comme sur un format large.

Les cinq étapes en un coup d’œil

Pourquoi ce logo reste-t-il lisible partout ?
Trois choix de dessin expliquent sa longévité. La forme en bloc se lit de loin, sur une affiche comme sur un emballage. Les lettres liées font de STAR WARS une silhouette plutôt qu’une phrase. Et la simplicité du trait permet de le décliner : on l’a vu en blanc, en jaune, en relief ou en découpe.
Un test simple le confirme : réduisez le logo à la taille d’une icône de téléphone, ou regardez-le en plissant les yeux. La masse reste lisible, les deux lignes restent séparées, et le centre ne se remplit pas de détails parasites. C’est le critère qu’on applique aux identités visuelles solides, bien avant de parler de couleur ou de style. Les ligatures, qui semblaient une coquetterie, jouent ici un rôle très concret : elles évitent les trous entre les lettres, qui s’effacent à petite taille.
C’est le contraire d’un logo qu’on refait tous les dix ans. Pour comprendre pourquoi certaines marques n’osent pas toucher à leur signe, voyez les raisons qui justifient vraiment une refonte de logo. Autre cas d’un détail caché dans un lettrage : la flèche cachée du logo FedEx.
Peut-on reprendre ce logo ?
Le logo est une marque protégée. L’utiliser sur un produit, une page commerciale ou une affiche sans autorisation expose à des poursuites. La parodie est elle-même encadrée, comme l’explique notre article sur le détournement de logo. Les marques posent d’ailleurs des règles d’emploi précises, détaillées dans notre point sur les usages interdits d’une charte graphique.
Avant de réutiliser un logo célèbre, vérifiez deux choses : qui est titulaire de la marque, et pour quelles classes de produits elle est enregistrée. La base de l’INPI le permet en quelques minutes.
Questions fréquentes
Quelle est la police du logo Star Wars ?
Aucune police du commerce ne le reproduit tel quel. Le dessin part d’une Helvetica Black contourée et modifiée, avec des lettres liées et un W aux pointes aplaties.
Qui a créé le logo Star Wars ?
Suzy Rice, directrice artistique chez Seiniger Advertising, en a dessiné la base en 1976. Joe Johnston, d’ILM, a empilé les deux mots pour la version finale.
Pourquoi le logo est-il jaune ?
Le jaune est la couleur du texte défilant du générique et de nombreux visuels de la saga, sur fond noir. Le dessin du logo, lui, ne dépend pas d’une couleur : on le voit aussi en blanc ou en noir.
Quel était le premier logo du film ?
Celui de Dan Perri, des capitales remplies d’étoiles et en perspective, utilisé dans la publicité d’avant-sortie. Il n’a pas été retenu pour le générique.
Le logo a-t-il changé depuis 1977 ?
Le dessin de base est resté stable pour la saga. Les déclinaisons ajoutent un sous-titre ou un élément graphique, sans retoucher les lettres.
Peut-on l’imprimer sur un t-shirt ?
Pas pour la vente, sans l’accord du titulaire de la marque. Une reproduction destinée à la diffusion ou au commerce est de la contrefaçon potentielle : mieux vaut demander.
Si vous dessinez un logo, retenez la leçon du dessin de 1977 : partez d’une typographie sobre, retirez un détail à chaque étape, et testez le résultat en petit format avant de le valider.
Institut national de la propriété industrielle, protection et recherche de marques, consulté en octobre 2026.


