Badge Alfa Romeo givré sur une calandre rouge
Marques & logos
Logo Alfa Romeo : histoire, serpent et dates de 1910 à 2015
Par Hélène Vasseur / 22 octobre 2026
L’essentiel

Le badge Alfa Romeo est né à Milan en 1910 et il n’a jamais rompu avec son dessin d’origine : un disque coupé en deux, la croix rouge de la ville à gauche, le serpent des Visconti à droite. Seul le contour a évolué, en 1915, 1925, 1972, 1982 et 2015. Quelques indices (le mot MILANO, les lauriers, les nœuds) permettent de dater un écusson.

L’histoire du logo Alfa Romeo tient en une phrase : le même disque depuis 1910, avec une croix rouge sur fond blanc d’un côté et un serpent couronné de l’autre. Les deux emblèmes viennent de Milan, ville d’origine de la marque. Ce qui change au fil du temps, c’est la bague qui entoure le dessin : noms, nœuds, lauriers, typographie et couleurs.

Une marque, deux symboles milanais

La société naît le 24 juin 1910 à Milan sous le nom d’A.L.F.A., pour Anonima Lombarda Fabbrica Automobili. Elle reprend une petite structure du Français Alexandre Darracq, qui avait tenté sans succès de monter une usine automobile en Italie. Le groupe d’industriels lombards qui rachète l’affaire se fixe un objectif de 300 voitures par an, avec 250 salariés issus de l’activité Darracq.

Dès le premier badge, la marque affiche son attachement à sa ville. Le disque est partagé verticalement. À gauche, la croix rouge sur fond blanc, symbole de Milan. À droite, le serpent des Visconti, la famille qui a dirigé la cité au Moyen Âge.

Autour, deux mentions courent sur le pourtour : ALFA et MILANO. Elles sont séparées par deux nœuds de la maison de Savoie, un hommage au royaume d’Italie dont cette famille est issue.

Badge Alfa Romeo sur un capot rouge : croix de Milan à gauche, Biscione à droite
Un écusson Alfa Romeo : à gauche la croix de Milan, à droite le Biscione des Visconti.

Que mange le serpent du Biscione ?

Le Biscione, littéralement un gros serpent, est le symbole de la maison Visconti et il figure dans les armoiries de Milan. Il est représenté avalant un être humain, ce qui surprend souvent quand on regarde le badge de près. Sur l’écusson, il porte aussi une couronne.

Deux légendes expliquent la scène, et elles se contredisent volontiers. La première parle d’un dragon, Tarantasio, qui vivait dans le marais du lac Gerundo près de Crémone et dévorait les imprudents. Uberto Visconti l’aurait tué, d’où l’emblème de sa famille.

La seconde se passe pendant les croisades. Boniface Visconti, lors d’un combat contre les Sarrasins, voit son fils avalé par un énorme serpent. Il retrouve la bête au retour, la tue et la force à recracher l’enfant, encore vivant. Ce sont des récits de folklore, pas des faits d’archives, et le logo les porte sans trancher.

Qui a dessiné l’écusson ?

L’attribution la plus répétée désigne Romano Cattaneo, avec Giuseppe Merosi, en 1910. L’anecdote veut que Cattaneo ait attendu son tramway sur la place du Castello, à Milan, face à la tour Filarete, et que le décor de la ville lui ait soufflé le dessin.

Elle reste une tradition de la marque plus qu’un document signé. Le choix, lui, est cohérent : le blason de Milan et celui des Visconti, qui ont dirigé la cité, forment une carte d’identité locale évidente pour une entreprise lombarde. Pour comparer avec un autre écusson daté de 1910, le logo du FC Barcelone raconte aussi comment une ville se retrouve dans un badge.

Les dates de 1910 à 2015

Quelques années suffisent à résumer toute l’évolution. Le tableau reprend chaque étape, avec ce qui change réellement sur le badge.

Date Ce qui change Pourquoi
1910 Premier disque : ALFA et MILANO, deux nœuds de Savoie Naissance de la marque à Milan
1912 Légères variations graphiques, mêmes éléments Redessin du badge d’origine
1915 Le nom ROMEO s’ajoute : ALFA-ROMEO MILANO Rachat par l’ingénieur Nicola Romeo
1925 Couronne de lauriers dorés autour du disque Victoire de l’Alfa Romeo P2, pilotée par Gastone Brilli-Peri, au premier championnat du monde
Après-guerre, jusqu’en 1950 Badge monocouleur rouge, puis lignes ondulées à la place des nœuds Moule détruit pendant la guerre, puis proclamation de la République italienne
1950 Retour des couleurs d’avant-guerre Le badge retrouve son éclat
1972 MILANO et les lignes ondulées disparaissent Ouverture en 1971 de l’usine Alfasud à Pomigliano d’Arco
1982 Diamètre agrandi, serpent simplifié, typographie Futura Refonte graphique
2015 Éléments argentés, fond gris métallique, nouvelle typographie Nouveau logo, d’abord porté par l’Alfa Giulia
L’évolution de l’écusson Alfa Romeo, d’après l’histoire de la marque.
Frise de six dates clés de l'écusson Alfa Romeo, de 1910 à 2015
Six moments où le contour du badge change, sans toucher au disque central.

Dater un badge sans catalogue

Ceux qui restaurent une voiture ancienne ou fouillent une brocante se posent la même question : de quelle époque est cet écusson ? Trois indices répondent à l’œil nu, dans cet ordre.

  1. Cherchez le mot MILANO. S’il est présent sur le contour, le badge date d’avant 1972.
  2. Regardez les séparateurs entre ALFA et ROMEO. Des nœuds de Savoie renvoient aux premières décennies, des lignes ondulées à l’après-guerre, et leur absence à la période 1972 ou plus tard.
  3. Observez la couronne de lauriers. Elle s’ajoute en 1925 et disparaît des badges récents.

Les couleurs servent de contre-épreuve. Un fond argenté et gris métallique indique un badge postérieur à 2015, alors qu’un contour doré renvoie à la période précédente.

Trois indices pour dater un badge Alfa Romeo : le mot MILANO, les lauriers et les séparateurs
Un ordre de lecture simple pour dater un écusson.

Un logo qui n’a jamais rompu

Alfa Romeo se distingue de la quasi-totalité des constructeurs : son logo n’a jamais changé de façon radicale. Depuis l’origine, il est rond, coupé en deux verticalement, avec la croix à gauche et le serpent à droite. Les retouches ne touchent que le contour, le style et les couleurs.

Cette continuité fait contraste avec d’autres marques automobiles, qui ont repensé leur symbole plus d’une fois. Le logo Pininfarina, autre badge italien à couronne, montre un cas où la forme change davantage. Pour les animaux emblèmes, le griffon de Scania suit une logique voisine : une figure héraldique que la marque garde et que seul le traitement visuel renouvelle.

Le blason milanais se retrouve ailleurs dans la ville. Le logo de l’Inter Milan a connu une refonte en 2021 : c’est un autre cas de club ou de marque qui retouche son emblème. Quant à l’idée même de rester fidèle à son héritage pendant une refonte, elle est détaillée dans les raisons qui justifient un nouveau logo.

Pourquoi les nœuds de Savoie ont disparu ?

Les deux nœuds du premier badge rendaient hommage à la maison de Savoie, dont est issue la famille royale d’Italie. Tant que le royaume existait, ils trouvaient naturellement leur place entre ALFA et MILANO.

Après la guerre, la situation change. Le moule servant à produire les écussons a été détruit, ce qui explique le badge monochrome rouge des années 1945 à 1950. Avec la proclamation de la République italienne, les nœuds sont remplacés par deux lignes ondulées, et le badge retrouve ses couleurs d’avant-guerre en 1950.

C’est un bon exemple de ce que raconte un logo : le contexte politique et industriel s’y lit dans les détails du contour. Le disque central, lui, traverse tout sans bouger.

La couronne de lauriers, souvenir d’une victoire

En 1925, l’Alfa Romeo P2 de Gastone Brilli-Peri remporte le premier championnat du monde. La marque entoure alors son disque d’une couronne de lauriers dorés, comme un trophée porté sur chaque voiture.

Elle disparaît ensuite : selon les sources, c’est le badge de 1972 ou celui, agrandi, de 1982 qui la retire, et les badges récents n’en gardent aucune trace. La couronne reste donc un repère précieux pour reconnaître un écusson ancien, entre 1925 et les années 1970-1980.

Ce qui change vraiment en 2015

La version de 2015 fait passer tous les éléments dorés à l’argent. La séparation centrale blanche et bleue laisse la place à un fond unique gris métallique, texturé de petites pointes. La typographie est redessinée.

La marque présente ce nouveau badge comme un équilibre entre géométrie et proportion, avec une texture pyramidale en arrière-plan et deux tons de gris pour jouer sur l’ombre et la lumière. L’Alfa Giulia est la première voiture à le porter.

Que représente le logo Alfa Romeo ?

Il associe deux symboles de Milan. À gauche, la croix rouge sur fond blanc de la ville. À droite, le Biscione, le serpent de la famille Visconti, qui dévore un être humain et porte une couronne.

Pourquoi le mot MILANO a-t-il disparu du badge ?

Il a été retiré en 1972, après la mise en service de l’usine Alfasud de Pomigliano d’Arco en 1971. La mention de la ville a alors quitté le contour.

Quand la couronne de lauriers a-t-elle été ajoutée ?

En 1925, en souvenir de la victoire de l’Alfa Romeo P2, pilotée par Gastone Brilli-Peri, lors du premier championnat du monde. Elle ne figure plus sur les badges récents.

Le logo Alfa Romeo a-t-il beaucoup changé depuis 1910 ?

Non, pas dans sa structure. Le disque partagé entre la croix et le serpent est resté le même. Les changements visibles concernent le contour : noms, séparateurs, lauriers, typographie et couleurs.

À quoi sert le nom Romeo dans la marque ?

Il apparaît en 1915, quand l’ingénieur Nicola Romeo reprend l’entreprise et ajoute son nom à l’écusson, qui devient ALFA-ROMEO MILANO. Le sigle d’origine, A.L.F.A., signifiait Anonima Lombarda Fabbrica Automobili.

Qu’est-ce qui change dans le logo de 2015 ?

Les éléments dorés passent à l’argent, le fond devient gris métallique et la typographie est redessinée. L’Alfa Giulia est la première voiture à porter ce badge.

Pour identifier un badge, partez du contour : relevez la présence de MILANO, des séparateurs et de la couronne, puis comparez avec les dates du tableau. Une fois l’époque trouvée, regardez le coffre ou la calandre pour confirmer que le badge est d’origine sur la voiture.

Hélène Vasseur
Hélène Vasseur Rédactrice en chef · SaaS & outils pro

Rédactrice en chef de JPR International. Quinze ans à accompagner la transformation numérique des PME et à prendre en main les logiciels professionnels. Elle teste et décrypte les SaaS, les outils et les méthodes qui font gagner du temps aux entreprises.

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