Le logo des Nations unies sur la façade du Palais des Nations à Genève, devant les drapeaux des États membres
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Logo de l’ONU : ce que montre l’emblème bleu et blanc
Par Hélène Vasseur / 5 octobre 2026
L’essentiel

Le logo de l’ONU est un planisphère vu depuis le pôle Nord, blanc sur fond bleu, enserré par deux rameaux d’olivier. Il naît en 1945 comme insigne de revers pour la conférence de San Francisco, puis l’Assemblée générale l’adopte comme emblème le 7 décembre 1946. Le 20 octobre 1947, il devient aussi le drapeau. Son usage est encadré : on le cite, on ne le modifie pas.

Presque tout le monde reconnaît ce disque blanc et bleu, sans pouvoir dire ce qu’il montre exactement. Il ne s’agit ni d’un globe ni d’un simple symbole de la planète : c’est une carte précise, choisie pour une raison politique. Voici ce que représente le logo de l’organisation, d’où il vient et comment on peut l’utiliser.

D’où vient le logo de l’ONU ?

En 1945, les organisateurs de la conférence de San Francisco, qui préparait la charte des Nations unies, avaient besoin d’un insigne pour les délégués. La commande est confiée à un petit groupe de graphistes du Bureau des services stratégiques américain, mené par Donal McLaughlin. Il retient une idée simple : montrer le monde entier, sans mettre aucun pays au centre.

La version de 1945 est portée en épingle de revers. Un comité spécial de l’ONU reprend le dessin l’année suivante et l’Assemblée générale l’approuve le 7 décembre 1946, comme emblème et comme sceau de l’organisation. Le 20 octobre 1947, elle décide que ce même emblème servira de drapeau. Le premier drapeau officiel est hissé le lendemain, au siège provisoire de Lake Success, près de New York.

Frise des dates clés de l'emblème de l'ONU de 1945 à 1947
Du premier insigne à l’adoption du drapeau : deux ans séparent la conférence de San Francisco de la forme actuelle.

Que montre exactement le dessin ?

Le centre est occupé par une carte du monde en projection azimutale équidistante, centrée sur le pôle Nord. Dans cette projection, les distances à partir du centre restent exactes, et aucune nation n’occupe le milieu : le pôle appartient à tout le monde. Des cercles concentriques, au nombre de huit dans le dessin de McLaughlin, rappellent les parallèles. Les continents sont dessinés sans frontières, ce qui renforce l’idée d’un monde commun.

Deux rameaux d’olivier encadrent la carte. Le premier croquis de San Francisco avait des branches de laurier, symbole de victoire, mais McLaughlin les a remplacées par des rameaux d’olivier, symbole de paix, plus en accord avec le projet de l’organisation.

Élément Ce qu’il est Pourquoi ce choix
Carte projection azimutale équidistante, pôle Nord au centre aucun pays au milieu
Cercles huit parallèles concentriques (dessin de 1945) structurer la carte sans tracer de frontières
Rameaux deux branches d’olivier la paix remplace la victoire des lauriers
Fond bleu sans équivalent sur un drapeau d’État ne favoriser aucun pays
Couleur de la carte blanc unité, contraste maximal sur le bleu
Anatomie du logo de l’ONU, d’après les notices historiques publiées par l’organisation.

Pourquoi ce bleu ?

L’équipe de McLaughlin a cherché une couleur absente des drapeaux nationaux, pour qu’aucun État n’ait l’impression d’être favorisé. Elle a retenu un bleu fumé baptisé « bleu Stettinius », en hommage à Edward Stettinius, chef de la délégation américaine à San Francisco. Sur le drapeau de 1947, le fond est un bleu plus clair, devenu depuis la couleur de l’organisation : on parle des « casques bleus » et des « bleu ONU » sans y penser.

Le principe vaut pour toute marque : une couleur se choisit autant pour ce qu’elle évite que pour ce qu’elle dit. Notre dossier sur la couleur du logo Twitch montre la même logique à l’œuvre sur un violet que personne n’occupait.

Emblème, drapeau, logos d’agences : ne pas confondre

Trois objets se ressemblent sans se superposer. L’emblème est le dessin (planisphère et rameaux), utilisé comme sceau et comme signature de l’organisation. Le drapeau est ce même dessin en blanc sur fond bleu clair. Les agences spécialisées, elles, ont leur propre logo : l’OMS ajoute le bâton d’Asclépios, l’UNICEF une mère et son enfant, l’UNESCO un temple stylisé.

  • L’emblème désigne l’organisation elle-même et ses organes principaux.
  • Le drapeau flotte devant les sièges et sur les véhicules officiels.
  • Le logo d’une agence reprend parfois le planisphère, mais il porte toujours un élément propre.

La confusion est fréquente dans les recherches d’images : on trouve sous « logo ONU » des fichiers d’UNESCO ou d’autres institutions. Vérifiez toujours le nom de l’organisme avant de réutiliser un visuel.

Peut-on utiliser le logo de l’ONU ?

L’emblème est protégé et son usage est soumis à des directives. Une organisation ou une entreprise qui souhaite l’afficher doit en demander l’autorisation à l’ONU. Les médias et les enseignants peuvent le montrer à titre d’illustration d’un propos sur l’organisation, sans le déformer, le recolorer ni le combiner avec un autre logo.

Deux interdits résument la règle : ne jamais suggérer l’approbation de l’ONU, et ne jamais altérer le dessin. Le premier relève de la loyauté, le second de l’intégrité de la marque. C’est exactement ce que décrivent les bonnes pratiques de branding guidelines : éviter le logo déformé, la couleur approximative, le ton qui n’est pas le sien.

Infographie décrivant les éléments de l'emblème de l'ONU : carte, cercles, rameaux d'olivier, fond bleu
Les cinq éléments à retenir du logo de l’ONU.

Les erreurs de reproduction les plus fréquentes

Un logo aussi répandu finit déformé. Les écarts reviennent presque toujours aux mêmes endroits, et ils se repèrent en quelques secondes.

  • Un disque étiré en ovale quand l’image est insérée dans un cadre qui n’a pas le bon format.
  • Un fond qui n’est pas le bleu officiel : un bleu roi, un cyan ou un bleu marine sont tous faux.
  • Les rameaux coupés ou effacés quand le fichier est réduit en vignette.
  • Un logo d’agence, comme celui de l’UNESCO, présenté comme l’emblème de l’ONU.
  • Une version recolorée en noir ou en doré pour s’adapter à une maquette.

Quand une illustration est nécessaire, mieux vaut partir du fichier vectoriel officiel, le placer sur un fond neutre et laisser une marge égale à la largeur d’un rameau autour du dessin. Ce réflexe vaut pour n’importe quel logo, et il évite la plupart des erreurs relevées ci-dessus.

Pourquoi une carte plutôt qu’un symbole abstrait ?

Les fondateurs de l’ONU voulaient une image qui parle à des délégués de cinquante nations sans traduction. Une carte répond à ce besoin : elle montre la communauté que l’organisation réunit, et non une idée générale de « paix » ou de « mondialisation » que chacun comprendrait à sa façon. Les rameaux ajoutent l’intention, la carte donne le périmètre.

Le choix a un coût : le dessin est dense, et il perd en lisibilité quand on le réduit à la taille d’une icône. C’est pourquoi on voit parfois des versions simplifiées dans les applications. Elles tolèrent la réduction des détails, mais jamais le changement des proportions.

Ce que le logo de l’ONU apprend à un créateur de marque

Ce logo est devenu un cas d’école, pour trois raisons. Il dit une idée politique avec très peu d’éléments. Il a traversé quatre-vingts ans sans refonte radicale. Et il se lit à toutes les tailles, d’un insigne de revers à une façade de bâtiment, comme on le voit à Genève sous les mâts de drapeaux.

La stabilité est un choix. Les marques commerciales refondent souvent leur logo, parfois pour de bonnes raisons, comme l’explique notre article sur les raisons qui justifient une refonte de logo. L’ONU, elle, a gardé le même dessin, parce que son rôle n’a pas besoin d’être réinventé à chaque génération. Une charte précise aide à tenir cette constance : voyez aussi les usages interdits à cadrer dans une charte graphique.

Pour comparer avec un autre emblème devenu mondial, l’histoire du logo Michelin et de son Bibendum montre l’inverse : un personnage retouché à chaque époque.

Que représente le logo de l’ONU ?

Un planisphère vu du pôle Nord, entouré de deux rameaux d’olivier. Le choix de la projection évite de placer un pays au centre, et les rameaux d’olivier symbolisent la paix.

Qui a dessiné l’emblème des Nations unies ?

Donal McLaughlin, chef de la section graphique du Bureau des services stratégiques américain, et son équipe, en 1945, pour la conférence de San Francisco.

Pourquoi le logo de l’ONU est-il bleu ?

Le premier bleu retenu, le bleu Stettinius, ne figurait sur aucun drapeau national. Le drapeau officiel de 1947 utilise un bleu plus clair, devenu la couleur de l’organisation.

Quand le logo est-il devenu officiel ?

Le 7 décembre 1946 pour l’emblème, adopté par l’Assemblée générale, et le 20 octobre 1947 pour le drapeau. Le premier drapeau a été hissé le lendemain à Lake Success.

Peut-on réutiliser le logo de l’ONU ?

Pas librement. L’usage commercial ou institutionnel demande une autorisation, et il est interdit de modifier le dessin ou d’en faire croire à l’approbation de l’ONU. L’illustration d’un article d’information est plus tolérée.

Quelle différence avec le drapeau ?

Aucune dans le dessin : le drapeau reprend l’emblème en blanc sur fond bleu clair. La nuance est juridique, car l’emblème sert de sceau, tandis que le drapeau se hisse.

Si vous devez montrer le logo de l’ONU dans un document, repartez d’une source officielle, gardez les proportions et ne changez ni la couleur ni le fond. Si vous créez votre propre identité, retenez la leçon du planisphère : un seul message, quelques éléments, une couleur choisie pour ce qu’elle évite.

Source

Organisation des Nations unies, « The UN Flag Turns 75 », consultée le 5 octobre 2026.

Hélène Vasseur
Hélène Vasseur Rédactrice en chef · SaaS & outils pro

Rédactrice en chef de JPR International. Quinze ans à accompagner la transformation numérique des PME et à prendre en main les logiciels professionnels. Elle teste et décrypte les SaaS, les outils et les méthodes qui font gagner du temps aux entreprises.

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